Ca a commencé en Terminale. Je m’intéressais au phénomène Gothique d’assez près, j’adorais le look des «Filles Gothiques» tout en noir, qui se démarquait de l’ambiance général du Lycée où j’étais alors. Parmi tout le bazar racaille-kaïra-survet, çà changeait de rencontrer deux ou trois filles «bien sapées». Voulant me démarquer d’une certaine «banalité du monde ambiant» (les affres de l’adolescence), j’avais découvert çà, le Gothisme.

On m’a prêté quelques Cds, j’ai même acheté un Elegy Magazine, et tout un monde s’ouvrait à moi, un monde que je ne connaissais pas, qui m’attirait, me fascinait de part sa faculté à exister sans qu’on le voie. Je ne m’habillais pas pour autant en Gothique. J’aimais «voir» le Gothisme, mais pas en faire partie (n’étant pas démonstratif vestimentairement parlant). Juste impressionner quelques personnes en leur disant que j’allais en soirée Gothique histoire de voir les réactions «Vous voyez les Soirées qu’on a vu dans le Reportage de M6 ? Ben c’est là que je vais…» Volonté de se démarquer, mais en étant à son tour «marqué», étiqueté Gothique. Je n’avait pas conscience à l’époque de ce glissement d’une étiquette à une autre en ayant l’impression d’être différent. Pis il y a eu les Soirées Gothiques.

Les Soirées Gothiques… J’en ai fait une dizaine en tout. La première reste un excellent souvenir. Pour la première fois, j’allais en boite, et pour la première fois, ou que je regarde, pleins de filles habillées comme je les aime (à l’époque, j’entends) s’offraient à mon regard. Un peu de mystère, un peu d’érotisme (les décolletés plongeants, et oui, je ne suis pas de bois), j’aimais bien çà, avant. J’avais l’impression d’être «à part» dans cette Cave, en dehors du monde, d’être dans un monde ou je me reconnaissais.

Je ne saurais dire quel a été le déclencheur, le point de rupture, mais tout ceci a commencé à me lasser très vite au bout de quelques mois. L’effet de surprise de la première soirée était définitivement mort, la joie éprouvée lors de cette rencontre avec le milieu avait disparue. Du simple touriste découvrant un monde, les yeux émerveillés, je me sentais dans la peau d’un «habitué» qui revenait au même endroit, voir les mêmes gens, danser sur la même musique.

Je n’entendais plus la Musique, je ne voyais que des personnes s’agitant dans une Cave, et même parfois elle lèvent les bras en l’air pour dire qu’elles sont «en plein trip». Je ne voyais plus des Gothiques, mais des personnes qui s’habillent toutes de la même manière, qui faisaient le déplacement pour être avec d’autres personnes «dans le même trip». Ca me rappelle un film «Carnival of Souls». Pendant la meilleure séquence du film, l’héroïne tente de communiquer aux autres personnes autour d’elles, mais personne ne l’entend ni ne la voit. L’exemple est maladroit, mais je me suis senti en dehors de tout çà en y étant au beau milieu. Etrange comme sensation. C’était comme regarder un clip en coupant le son, on se pose en observateur, étrange fascination. Voyeurisme ?

Ajouté à cela, je n’accrochais pas du tout à toute cette musique pleine de poum-poum, de guitare saturées, de voix glauques, cette froideur, et très vite, j’en ai eu sérieusement marre, jusqu'à ce que je trouve la parade : j’y venais pour me foutre de leur gueule, j’y emmenais des ami(e)s pour leur montrer quelques beaux spécimens de foire. «Regardez celui-là comme il est drôle !» ou encore «Oh, il est beau celui-ci». Les nombreuses têtes d’enterrement renforçaient encore plus le coté «involontairement drôle» de la farce, car oui tout çà m’est apparu comme une farce, une mascarade.

On se maquille, on se voile, la musique bruyante empêche de communiquer, donc tout passe dans le regard, regard masqué, comme un jeu. Je ne voyais plus les personnes en face de moi QU'EN m’imaginant leur vie quotidienne, terriblement «normale» (on se lève le matin, on va au boulot). Un temps, j’ai eu de la pitié, car je m’imaginais ces individus frustrés de ne pouvoir apparaître comme ils le veulent aux «autres», les gens du dehors.

J’avais l’impression d’être «à part dans un monde à part», ce qui est absolument grisant je vous l’assure. Insolence aussi, de claquer de l’oseille juste dans le but de venir se délecter des quelques tronches de cake. Car en plus d’avoir l’impression de participer à une grotesquerie organisée, j’avais perdu mes Lunettes de Réalité Augmentée. Je n’allais plus en soirée Gothique, j’allais au Zoo.

Tout d’un coup, vous souriez jusqu’au oreilles devant une personne habillée en noir, vous regardant de façon sérieuse, car tout ce cirque vous apparaît alors inutile, vide de sens, terriblement poseur, élitiste, fermé. Vous vous posez dans un coin, et mille questions vous sautent à la bouche, la première étant tout de suite «Qu’est-ce que je fous là ?». Tout d’un coup, vous vous dites que vous seriez mieux chez vous en train de bouquiner, d’écrire, de dessiner, de faire autre chose, car visiblement, une fois les Lunettes de Réalité Augmentée cassées/perdues, vous tombez en plein dans le doute. Le reste est beaucoup mieux décrit sur la page de Jean-Pascal.


Plutôt que de faire 10.000 discours, inventer pleins de théories ou de tenter une quelconque justification ou explication, je vous propose de vous plonger dans ce concept fumeux, mais pourtant tout à fait intéressant. Aucune conclusion n’est à tirer de tout cela, il ne s’agit que d’une constatation, d’une observation individuelle, d’une prise de conscience plutôt bizarre, appliquée ici au phénomène du Gothisme.

Basé sur la Réalité Augmentée de Jean-Pascal
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Commentaires

Moi aussi j'ai été fascinée par le "gothisme" durant des mois, des années, mais je n'avais pas d'amis goth, je n'allais pas à des soirées, je lisais Elegy, j'écoutais de la Batcave, Darkwave, Newwave, Coldwave, et j'me sentais bien. Je ne ressentais pas le besoin de m'habiller gothique, car dans ma tête je le vivais ça me suffisait.
Et puis, au bout de cinq ans, je me suis dit qu'il était temps de rencontrer des personnes dans le même trip que moi, qui aiment la même musique que moi, j'étais curieuse.
Je suis allée à une soirée goth. J'ai cru être à un cirque, rempli de fous illuminés par les ténèbres (mouarf'), je me suis sentie touriste d'un asile, je ne pouvais pas m'empêcher de me dire qu'il vaut vraiment mais vraiment être seule que mal accompagnée.
Je suis toujours dans l'esprit gothique et je n'ai toujours aucun ami gothique et j'en suis ravie.
Commentaire n°1 posté par bogo bogom le 24/05/2009 à 15h08
Mmmmh c'est vrai que ton discourt est assez bien écrit, j'ai moi même fais partie de ces observateur. J'ai rencontré beaucoups de caricature xD Cepandant il y a eu une minorité que l'on pourrai appelé de vrai gothique d'aprés moi, ces personnes pationnés par l'art en tout genre et surtout par la litterature du 17e (ou 18e qu'en sais je =p) siécle.
Puis tu sais à peu prés toute les personne qui se dise, gothique, punk, émo, fashion victime, racail ou fashcail (j'en ai vu =p) son toute un peu ridicule non ?
Commentaire n°2 posté par Keupon le 17/07/2009 à 12h29
J
Commentaire n°3 posté par Cerveauphage le 22/10/2009 à 04h53
J'avais publié un commentaire tout a fait judicieux avec ce qu'il faut de malice, mais ça a juste mis "J". Fais chier.
Commentaire n°4 posté par Cerveauphage le 22/10/2009 à 04h55
Je pense sincérement que le terme gothique ne devrait pas exister. Il ne veut absolument rien dire, et ne sert qu'a réduire tout l'état d'esprit censé être relayé par le gothisme a une simple mascarade grotesque, ou tout est pretexte a montrer que l'on est différent des moutons racailles/fashion ou au manque de style des gens normaux. Au final, cela ne sert qu'a, comme le dit si bien ce blog, a s'affirmer dans un groupe qui n'est différent que dans les codes matérialistes ,et non au fond de la pensée, aux autres façon d'êtres, a la manière de cette discussion ou un "gothique" te demandait quelle musique tu aimes tout ça pour pouvoir dire "wha t'es nul t'aimes de la merde".
Je pense que gothique peut servir a définir un état d'esprit qui est innefable, qui ne peut s'embarasser de codes vestimentaires et/ou culturels, et encore moins d'un terme aussi reducteur pour pouvoir changer "t'es bizarre et t'aimes des trucs de merde tu sert a rien" a "t'es gothique". C'est tellement plus classe (un peu a la manière de la racaille qui entend "wha une racaille" au lieu de "wha un dechet de la société qui ne s'insère pas car il s'approprie des problèmes qu'il n'a pourtant jamais eu pour se payer ses nikes a 300€ tout les trois mois et qui agresse des gens dans la rue pour se sentir exister").
Je pense également qu'être "gothique" ne devrait pas s'embarasser de gouts inhérents car tout n'est que pretexte pour exclure une personne qui n'aime pas ce qu'on aime au lieu d'intégrer une personne qui aime des choses qu'on aime. On choisit ses amis en quelques sortes, et on se complaint dans notre connerie sans qu'un esprit éclairé puisse dire seulement "c'est pas bien" sans se retrouver avec des tonnes de malédictions, de banissement de la communauté et d'autres choses dont on final on n'en a que foutre. De la même manière, un gothique n'aime pas forcément la littérature du XIXe, qui, il faut l'admettre, est désespérement redondante, n'en déplaise aux true gothiques qui vivent la nuit et sous la pluie.
Tout ça pour dire que j'aime AUSSI la musique joyeuse, les romans d'humour, les films d'actions, les jeux vidéos en général, regarder le ciel bleu, me rouler dans l'herbe mouillée de la rosée du matin, gambader dans les champs de coquelicots, chevaucher un rhinocéros au milieu de la savane un jour de soleil de plomb avec un seul pagne pour cacher ma nudité, pêcher en observant la beauté bleue et claire de l'eau dans laquelle nagent des poissons arborants un sourire de contentement, et pourtant je pourrais me considérer comme gothique. What else ?

PS : j'ai posté ici car c'est le texte de ce blog que je préfère, ne serait-ce que pour la sincérité palpable et l'ironie non présente. Je crois que c'est autour de cette histoire que tourne tout ce blog, ou plutôt tout le but de ce blog.
Commentaire n°5 posté par Cerveauphage le 22/10/2009 à 19h28
'Lu,
moi, je pense (ui, c'est un fait !) que tous les gens sont ridicules, et que meme toi (le voyeur là) tu cherches à te démarquer et donc que tu apparais comme ridicule à n'importe qui ? Il suffit d'imaginer qqn t'observant à son tour, il voit quoi ? Bah, un pov' gars qui se fout de la gueule des autres (et j'en oublie).
Enfin, quoi, c'est toujours marrant le moment où l'on se démarque des autres par une soit disante supériorité... Mais marrant pour qui ?
Ouais, l'ironie, c'trop puissant ! Je sais. Bref...
Commentaire n°6 posté par Emma le 28/01/2010 à 11h33
Phénomène de mode, de meute, de bande, rasta, gothique, caïras, punk, tektonik (les plus ridicules à mon humble avis....), appartenir à un groupe, avoir des amis qui vous ressemblent, ça dure un temps et on finit par grandir, devenir adulte.

On est bien obligé pour trouver du boulot (les caïras ne l'ont pas encore compris !), ressembler aux autres pour intégrer le monde professionnel.

Alors je dis "profitez-en tant que vous êtes chez vos parents, logés, nourris, argent de poche compris !
Commentaire n°7 posté par martial le 24/02/2010 à 10h05
c nimporrte quoi ce que tu di tu te prend pour qui la a te foutre de la gueule des autres tu te crois drole ou peut etre intelligent ? mais c clair que c'est pas eu les débiles mais ceux qui se foutent de leur gueule
Commentaire n°8 posté par malei le 22/04/2010 à 18h45
Ce qui me rassure, c'est que tu parles uniquement de ce que toi tu as vécu. Mais je t'en pries, ne commence pas mettre tous le monde dans le même panier sous prétexte que toi, tu n'as pas adhéré. la normalité n'existe et je respecte les gouts et les couleurs. Essaye d'en faire autant, pour ton bien... et celui de tous.
Commentaire n°9 posté par mishade* le 08/01/2011 à 21h39
Quelle ritournelle ne finirait par lasser ? Donnez-moi un plat que j'adore au quotidien, je le détesterai à coup sûr un jour.

Les soirées n'échappent pas à ce sentiment qu'est l'ennui lorsque l'on a fait le tour d'une chose. A chacun sa solution, soit espacer les expéditions dans les caves, soit varier ses activités nocturnes...pourquoi pas mixer les deux ? Si le dégoût paraît irréversible, il vaut mieux dans ce cas ne plus y mettre les pieds plutôt qu'y aller dans un esprit malsain et moqueur.

Si l'auteur de cet article va dans une boite quelconque, il verra le même carnaval, seul l'apparence aura en définitive changée. Il aura droit à de la musique "chaude" au lieu de la "froide", les décibels l'empêcheront également de "communiquer", les filles l'allumeront toutes avec des tenues très sexy (pas besoin d'être en latex ou dentelles pour cela) et cerise sur le gâteau, les prix des consommations crèveront les plafonds.

Nul besoin de se traîner chez les gothiques pour être au zoo, il suffit de sortir de chez soi. Avec un peu d'attention, les looks les plus fous et les plus pitoyables défilent sous nos yeux ébahis. Tous se croient, différents, uniques...

Pas de conclusion ? Je la décèle pourtant au fil des lignes. En voici ma lecture.

"Je m'emmerde au lycée, il me faut du sensationnel. Tiens si j'allais en soirée gothique, j'ai entendu dire qu'il y avait des sacrifices d'animaux et des partouzes à foison. Ah ben, merde, c'est juste de cons qui dansent déguisés en vampires. Je m'emmerde, je n'arrive pas à être pote avec tout le monde. tiens ça me rappelle le lycée ! "

Au fait, qui impressionne t-on aujourd'hui en racontant qu'on fréquente des gothiques le samedi soir et que la bière est moins chère au caves Saint-Sabin qu'au Mix club ? ;)
Commentaire n°10 posté par Chtopheris le 04/02/2011 à 17h37
Aux soirées gothiques, je me fais chier comme une rate morte...
Commentaire n°11 posté par Divine le 20/06/2011 à 21h43
Tu voulais sûrement dire, "je me fais divine-ment chier aux soirées gothiques. ;)
Commentaire n°12 posté par Chtopheris le 21/06/2011 à 18h54
 
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